Ni morts ni vivants
En Europe centrale et orientale, il y avait des peuples sans Etat, dont l’identité reposait sur une culture et qui, ensuite seulement, sont devenus nation avec l’effondrement des empires. Leur modèle était celui de l’Allemagne. Ces petites nations ont, en outre, été ravagées par le nazisme puis le stalinisme. Elles se considèrent comme des victimes et estiment que l’Europe - les grands pays occidentaux - ont une dette envers elles parce qu’elles les ont abandonnées après la guerre.
Jacques Rupnik
Les vampirs seraient les victorieux des guerres anciennes.
Le mort /vivant sont , ni morts ni vivants
se nourrit du sang des vivants afin d’en tirer sa force vitale. La légende du vampire puise ses origines dans des traditions mythologique anciennes et diverses, elle se retrouve dans toutes sortes de cultures à travers le monde. Les êtres errants, le barbare (l’étranger) comme un revirement de l’Histoire venants dans une forme sournoise :
le rejet des migrants, les réfugiés, refoulés, il n’y aura plus de vagabonds, contemplatifs, rien, des hommes bannis de la terre rasée de ce monde qui ne le ressemblent plus… si on vit, on meurt, si on meurt, on vit aussi
«Ils traversaient les régions obscures, de la Hongrie, des Balkans
Morts ni vivants
Ils ne trouvaient pas le repos, ils rampaient sous les barbelés
Les haies défensives de la peur installée en hâte
Ils étaient ni morts ni vivant, errants, fugitifs et coupables de tous les
maux de la terre.
Voulez-vous donner votre sang ?
Ni morts ni vivants, ils apparaissent dans un soleil impitoyable
des fourmis sans ombres
Des cris inhumains sont le souffle d’une terre jamais rassasiés
Ni morts, ni vivants
Errants, barbares, migrants sont des réfugiés»
Il n’a plus de vagabonds, de contemplatifs, de poètes
L’étranger est là. L’étranger c’est nous
Réalisation : Sabine Jeanson - Adaptation du film de Carl Dreyer : Vampyr - Musique originale : Pete Ehrnrooth - Affiche : Cornelis de Buck - Installation cabine n° 12 aux Bains des Pâquis, 12 décembre 2015 - Genève 2015 ©